Mardi 21 juillet 2009
Une nouvelle étape .... U:n nouveau Blog ...
à bientôt sur "Raisons de penser"   http://bernard.blog.lemonde.fr
Bernard
Par Bernard
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Dimanche 14 septembre 2008

A t-on besoin - pour vivre humainement - de la Foi ou de la Raison ou bien alors de toutes les deux en même temps, comme semble nous le dire Benoit XVI en visite au pays de Descartes.

La Foi et la Raison nous promettent en effet toutes les deux de nous emmener vers la vérité.

« Je vais vous faire connaître la Vérité révélée » nous dit la Foi … vous n’avez qu’à me suivre, me rester fidèle et vous découvrirez avec moi les réponses à tous les « pourquoi » que vous vous posez : Pourquoi Dieu a t-il crée le monde ? Pourquoi y a t-il quelque-chose plutôt que rien ?  Les réponses à ces questions, il est inutile de les chercher en vous, elles n’y sont pas, faites-moi confiance nous dit la Foi je suis la seule qui peut vous les apporter.

La Raison au contraire, non moins sûre de son bon droit, nous dit que la Vérité est à rechercher en nous-même. Elle nous dit que nous avons en nous la capacité d’expliquer le monde. Mais elle ne prétend pas comme la Foi nous expliquer le pourquoi des choses ... elle a pour ambition de nous en expliquer le comment. Comment le monde a été créer, comment nous venons au monde ...

Mais alors entre Foi et Raison qui dois-je suivre ? Dois-je aller vers la Vérité du « pourquoi » ou alors vers celle du « comment » ?  Puis-je m’intéresser au comment sans savoir pourquoi ?  Puis-je exercer ma raison sans avoir la foi ? Puis-je agir si je n’ai pas de but ? A l’inverse : Puis-je m’intéresser au pourquoi sans rien savoir du comment ? Puis-je vivre seulement avec la Foi sans tomber dans la déraison … et le fanatisme ?

Benoit XVI nous met en garde contre ces deux extrêmes en nous disant que Foi et Raison sont complémentaires. Mais dans la grotte de Lourdes ... où est la Raison ? où est même la Foi ? N'ont t-elles pas toutes les deux disparues derrière la simple superstition ! "Vérité en deça des Pyrénées, erreur au delà" disait Montaigne ... Notre Saint-Père quand à lui semble avoir transformé sa vérité en erreur avant même de franchir les Pyrénées !


Par Bernard - Publié dans : Philo
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Mardi 15 avril 2008

Peut-on faire le mal en voulant le bien ?

La sagesse populaire nous dit: "faire le mal c’est mal, et faire le bien c’est bien "… voilà qui parait clair, chacun peut choisir sans se tromper et sans être trompé ! Mais lorsque la volonté s’en mêle, l’équation se complique. En effet  "vouloir le mal" (seulement le vouloir !) c’est déjà mal, alors que "vouloir le bien" ça n’est pas encore bien … il n’y a que le "faire le bien" qui soit bien !  Mais alors "faire le mal en voulant le bien" voilà qui, non seulement met à mal notre entendement en opposant les moyens à la fin, mais de plus vient ébranler la morale en acceptant de faire le mal ! Entendons-nous bien, il s’agit ici seulement (si je puis dire) de faire le mal et non pas de le vouloir car ce que l’on veut ici, tout en faisant le mal,  c’est le bien, et d'ailleurs pourrait-on vouloir le mal et le bien en même temps ? Comment se fait-il donc que l’on puisse être amené à faire le mal sans le vouloir et de plus en voulant son contraire, le bien ? Faut-il en conclure que c’est dans la nature même de ce « vouloir le bien » que  se trouve le mal lui-même ?

En effet l'histoire semble nous le confirmer. Le mal c’est banal disait déjà Hannah Arendt en analysant comment la  mécanique nazie, cette mécanique du mal, s’était emballée. Le mal arrive sans que personne ne le veuille, il s’introduit par effraction en quelque sorte, insensiblement. Le mal, lorsqu’il vient, ne s’annonce pas, il avance masqué, assez malin pour se cacher sous le masque du bien. Il se cache précisément, dans ce « vouloir le bien » qui, quand à lui, se proclame, s’annonce … Lorsque l’on veut le bien on aime à le faire savoir, tant est si bien que, dans le "vouloir le bien", le "vouloir" prend le pas sur le "bien". Et précisément le "vouloir" lorsqu’il entre en action  ne fait pas de quartier … partout ou passent, celui ou ceux qui "veulent", il ne reste généralement plus grand chose du bien qu’ils sont censés vouloir. La volonté ne fait généralement pas bon ménage avec la morale ! L’indifférence, la démission et la lâcheté des autres s’y ajoutant il n’est pas rare de voir ainsi au final le bien que l’on a tant voulu se laisser submergé par le mal … ce mal si banal dont le XXème siècle nous a tant donné d’exemples ; des exemples de révolution au nom du bien qui se sont terminées dans le mal absolu.

Si donc le "vouloir le bien" cache le mal, faut-il en conclure qu’il ne faut plus vouloir ?

Est-ce la volonté seule qui est en cause dans cette advenue du mal ? N’est-ce pas aussi et surtout cette envie d’absolu et de pureté que traduit l’expression "vouloir le bien" ?
Le bien en effet doit être pur pour être bien, il est un absolu. La moindre trace de mal dans le bien et ce dernier s’en trouve disqualifié. Une bonne action entachée d’une mauvaise n’est plus une bonne action ! Ainsi en voulant éradiquer la moindre trace de mal le bien en vient à éradiquer tous ceux qui selon lui produisent ces traces de mal ... éradiquer au nom du bien qui doit être absolu ! Ainsi la volonté d’absolu n'est-elle pas en définitive la voie la plus directe vers le mal ?

Dès lors si vouloir le bien peut conduire au mal, ne faut t-il pas se contenter de "résister au mal"  ?  A la volonté des grands soirs du bien absolu qui se réveilllent souvent en lendemains matins du mal radical ne faut-il pas plutôt préférer une volonté plus modérée mais non moins avisée qui, à la lumière du discernement, résiste sans faiblesse au mal de tous les jours ... à celui que nous rencontrons sur notre chemin comme à celui qui est en nous ...

Par Bernard - Publié dans : Philo
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Dimanche 10 février 2008
Celui qui me manipule veut me faire agir à mon insu. Ce qu'il me dit n'est pas ce qu'il veut que j'entende ... ou que je fasse. Ses propos ne sont pas son intention. Il y a mensonge dans la manipulation. Il en est ainsi par exemple des images subliminales dans les publicités, que je ne perçois pas consciemment, mais qui s'impriment dans ma mémoire et provoquent chez moi des réflexes conditionnés (achat de produit, valorisation de certaines attitudes  etc ..).
Mais celui qui me manipule est-il toujours conscient qu'il me manipule ? Son mensonge est-il toujours volontaire?  A t-il toujours conscience de me tromper ? La perception et la compréhension que je peux avoir des paroles de l'autre est fonction de ma culture, de mon expérience, de mon environnement ... et ce qui est trompeur pour les uns peut être tout a fait explicite pour les autres. Entre l'intention de l'émetteur d'un message et la perception qu'en a le récepteur de multiples distorsions peuvent intervenir.
Mais alors celui qui me trompe sans vouloir me tromper n'est t-il pas lui-même trompé?  Dès lors on peut se demander si celui qui me manipule ainsi sans vouloir me manipuler est encore un manipulateur ? Oui diront les uns car, même dans ce cas, le manipulé quand à lui est toujours manipulé sans vouloir être manipulé. Non diront les autres car le manipulateur qui ne veut pas manipuler ne peut être qualifié de manipulateur.
La question vient alors de savoir si la manipulation est dans l'intention de manipuler du manipulateur ou alors dans le fait pour le manipulé d'être manipulé ?
Quand nous sommes trompés est-ce la faute de celui qui nous trompe ou alors est-ce notre faute ?
Certains répondent que la première fois c'est de la faute de l'autre, la deuxième aussi ... mais la troisième fois c'est de notre faute à nous ! l'expèrience ayant due nous apprendre à nous méfier !
Mais cette réponse est-elle satisfaisante ? Ne décrivons-nous pas là, au travers de cette question, deux attitudes fondamentales dans notre rapport au monde.

Nous sommes tous manipulés disent les uns!  sus aux manipulateurs de tout poil ! aux publicitaires qui veulent nous vendrent leur produits, aux politiques qui veulent nous acheter nos voix et notre silence, aux scientifiques et aux ingénieurs qui veulent nous faire avaler leur dernière théorie et leur dernière invention ... Ces manipulateurs sont des obstacles sur le chemin de notre liberté ... c'est en les dénonçant  et en les réduisant au silence que nous pourront conquérir notre liberté ... dans la transparence retrouvée !

Nous sommes tous manipulés disent aussi les autres mais il dépend de nous seuls d'en prendre conscience pour en sortir ou pas ! car nous sommes entièrement responsables de nos actes. La manipulation ne peut pas être une excuse, même pour la première fois !  Nous sommes libres par nature et dès lors c'est à nous de conduire notre vie librement. Si nous sommes manipulés c'est de notre faute. Le problème est en nous et donc la solution est en nous. Connais-toi toi-même ... et laisse les autres agir comme il leur semble !

Ces deux positions par rapport au monde sont-elles définitivement opposées ou alors peuvent-elles être compatibles ?
La première position est valide dans l'ordre du politique me semble t-il. Les possibilités de manipulation peuvent être régulées par la loi et toutes les règles sociales que les collectivités humaines peuvent se donner. Il en est ainsi des lois sur la publicité mensongère, sur la transparence des prises de décisions etc... Il est de l'intérêt de tous et donc de chacun que le mensonge ne soit pas autoriser dans le domaine des relations sociales.
La deuxième position quand à elle est valide dans l'ordre de la conduite individuelle de chacun. C'est un guide de sagesse ... je suis libre, je suis responsable de tout ce que je pense, je dis et je fais, c'est à moi-même de me libérer de mes conditionnements ... des conditionnements dans lesquels les autres veulent m'enfermer ... les autres ou les circonstances !
 Mais sans doute la limite entre ces deux ordres n'est pas toujours aussi tranchée ... il nous faut trouver le juste équilibre ici comme ailleurs ...
Par Bernard - Publié dans : Philo
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Jeudi 17 janvier 2008
Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement.
La Rochefoucauld
Par Bernard - Publié dans : Clin d'oeil
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Mardi 1 janvier 2008

Une nouvelle année ...

     page blanche ou table rase ?

     labyrinthe ou voie toute tracée ?
ou ...

 

Par Bernard - Publié dans : Clin d'oeil
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Dimanche 9 décembre 2007
Pour résoudre un problème faut-il s'attacher aux causes et / ou aux conséquences possibles ? Plus précisément faut-il chercher à en élucider les causes pour les éradiquer ou bien faut-il plutot chercher à en prévoir les conséquences pour les circonscrire ?
Qu'est-ce qu'un problème ?  Une évolution non prévue ? Un écart entre la situation telle qu'elle se présente à nous et nos attentes, nos habitudes, nos valeurs ?
Si nous acceptons cette définition alors comment résoudre un problème ? En cherchant à remonter la chaine des causes, remontant à chaque étape des effets constatés aux causes supposées. Mais les relations de cause à effet ne sont elles pas une simplification excessive de la réalité qui loin de nous la révéler nous en fait apparaitre que ce que l'on veut bien en voir au travers des lunettes de nos habitudes, de nos idéologies ou de nos croyances ?
Si la recherche des causes est ainsi souvent illusoire, faut-il alors considérer que l'on ne peut pas résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés ?
Ne faut-il pas au contraire considérer que l'on peut toujours agir pour résorber cet écart entre la situation réelle et nos attentes. Agir pour retrouver un nouvel équilibre entre celles-ci et la réalité. Agir pour transformer la réalité mais aussi s'efforcer d'être plus lucide, accepter de voir la réalité telle qu'elle est et non telle que nous voudrions qu'elle soit ... en bref ne pas attendre l'impossible.
Connaitre et comprendre la réalité pour agir en vue de la transformer  ... n'est-ce pas la réponse à notre question, conforme à notre pratique du dialogue philosophique ? Connaitre et comprendre la réalité, c'est aussi essayer de connaitre les causes de nos problèmes, mais ne pas se résoudre a cette seule recherche, qui nous conduit a penser que seul l'éradication des causes, c'est à dire le retour en arrière, peut rétablir l'équilibre perdu ... et résoudre le problème. Connaître et comprendre la réalité c'est aussi et surtout observer le présent et regarder vers l'avenir en essayant de comprendre les conséquences possibles des actions que l'on peut entreprendre.
Certains nous proposent au contraire, devant un problème, de ne pas agir car toute action serait vaine. Chaque problème étant subjectif, "changeons notre comportement devant la vie" nous disent-ils ! Là ou nous disons "acceptons de voir la réalité telle qu'elle est" ils nous répondent "acceptons la réalité telle qu'elle est", n'essayons pas de la transformer car notre pouvoir sur les choses est illusoire? Dès lors, semble t-il, grace à cette attitude du non agir, les problèmes disparaissent ! 
Philosophie orientale ou simplement paresse de l'esprit ?
Par Bernard - Publié dans : Philo
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Lundi 12 novembre 2007

Y a t-il une dialectique entre Autorité et Responsabilité ?

La contradiction, apparente, entre ces notions peut-elle être surmontée ? Si oui comment ? 

On peut l'analyser comme l’inverse terme à terme de la contradiction entre égalité et liberté.

En effet l’autorité brise l’égalité en reconnaissant une dissymétrie entre celui qui fait autorité et ceux qui reconnaissent cette autorité. Reconnaître que quelqu’un à de l’autorité sur moi, que ce soit par la compétence que je lui reconnais ou par son statut social, c’est reconnaître qu’il n’est pas mon égal. Par ailleurs ma responsabilité quand à elle bride ma liberté. Si je dois répondre de mes actes devant les autres c’est donc que je ne peux pas faire ce que je veux. Ma liberté s’arrête ou commence celle des autres dit-on, c'est-à-dire que ma liberté s’arrête là ou je dois répondre de mes actes devant les autres, là ou je commence à être responsable. (il serait intéressant d’ailleurs de comparer cette analyse à celle de Sartre qui quand à lui postule que je suis libre donc responsable)

Comment sort-on de ces deux contradictions dialectiques : entre égalité et liberté d’une part et entre autorité et responsabilité d’autre part ? Il faut pour cela changer de plan, changer de critères d’analyse et sortir de la simple analyse logique pour faire intervenir la morale.

Entre égalité et liberté tout d’abord. Puis-je me sentir vraiment libre dans un monde ou règne l’inégalité, où certains ne peuvent survivre alors que d’autres étalent leur richesse ? Ma liberté butte ici sur mon regard sur les autres, sur mon humanité. Par ailleurs, puis-je me considérer comme l’égal des autres dans un monde ou je ne serais pas libre ? Ou ma volonté serait contrainte par d’autres, d’autres qui ne seraient dès lors plus mes égaux..

Le dépassement de la contradiction entre l’égalité et la liberté se trouve donc dans cette prise en considération de l’humanité (dans les deux sens du terme : l’humanité comme ensemble des hommes mais aussi l’humanité qui est en moi) que l’on retrouve dans le troisième terme de notre devise républicaine : la fraternité.

Entre autorité et responsabilité : L’autorité, qui est pouvoir sur les autres, même si ce pouvoir est reconnu et accepté par les autres, et la responsabilité qui est reconnaissance de l’impact des mes actes sur les autres  peuvent ainsi être vues comme deux notions qui s’opposent. Ainsi celui dont on reconnaît l’autorité peut se dire : puisque les autres reconnaissent mon autorité pourquoi répondrais-je de mes actes devant eux ? je n’ai qu’a exercer l’autorité donc le pouvoir qu’ils me reconnaissent. De même celui qui se dit responsable peut se dire qu’il n’a dès lors plus besoin de reconnaître une quelconque autorité qui viendrait lui dicter sa conduite par rapport aux autres, puisqu’il est prêt à répondre de cette conduite. On peut d’ailleurs noter que ces deux notions (autorité et responsabilité) sont souvent invoquées dans ce sens par les pouvoirs en place. Lorsque l’on entend dire qu’il faut respecter l’autorité cela cache souvent un appel à respecter les hiérarchies sociales : « C’est notre chef nous devons respecter son autorité ! »  De même l’appel à la responsabilité cache souvent un appel au devoir d’obéissance, au respect de l’ordre social existant : « Ne vous révoltez pas soyez responsable ! »

Ici encore il me semble que pour sortir de cette opposition la prise en compte du critère moral (par celui qui détient l’autorité) est nécessaire. La vraie autorité ne saurait ainsi prendre sens (moral) sans l’exercice de la responsabilité par celui dont l’autorité est reconnue. Celui qui a l’autorité doit ainsi se dire qu’il a le devoir de respecter la confiance que lui accorde les autres.  Sans cela son autorité ne serait plus reconnue. En d’autres termes il faut que ceux qui détiennent l’autorité soit ceux qui fassent autorité. Mais dans quel ordre cela doit-il, peut il se passer ? La reconnaissance de l’autorité (faire autorité) doit-elle ou peut elle précéder la légitimation de cette autorité par les institutions ? Ou alors est-ce l’inverse : les institutions doivent-elles légitimer l’autorité d’abord : par des diplômes ou autres moyens de reconnaissance de compétences ? On peut sans doute dire que, si la médiation des institutions est nécessaire elle ne peut être suffisante. Ainsi l’autorité du professeur doit être instituée, c’est à dire que sa fonction doit être reconnue, mais néanmoins s’il ne fait pas autorité dans sa classe (= s’il est incompétent) son pouvoir sera remis en cause  et il ne remplira plus sa fonction.

Il me semble qu’analyser les problèmes de notre société au travers de cette double opposition entre égalité et liberté d’une part et autorité et responsabilité d’autre part peut éclairer les débats en cours au sein de notre société. 

Là où certains analysent les problèmes actuels de la société comme une crise de l’égalité et de liberté d’autres y voient une crise de l’autorité et de la responsabilité.

Les premiers mettent en lumière qu’à la dynamique de dépassement de la liberté et de l’égalité par la fraternité (ou solidarité) se substitue désormais une dynamique inverse : inégalités – contrôle social – égoïsme / individualisme. L’accroissement des inégalités (due principalement à la mondialisation) entraine le besoin de contrôle social (sur les plus pauvres, sur les étrangers etc), ces deux tendances venant se figer dans le corps social au travers du développement de l'individualisme et de l’égoïsme qui est alors vécu comme une condition de la survie.

Les seconds mettent en lumière les crises de l’autorité et de la responsabilité. Ainsi ils déplorent que l’on ne reconnaisse plus l’autorité sous prétexte d’égalité, ou plutôt d’égalitarisme. Il en est ainsi disent t-ils de l’autorité des professeurs, des parents, des représentants des institutions politiques en général (même élue démocratiquement) qui sont de plus en plus remise en cause. Par ailleurs il y a aussi une crise de la responsabilité dans la mesure ou, selon eux, les individus, se détachant de plus en plus de leur communautés ou autres groupes d’appartenance, négligent de plus en plus l’impact de leurs actes sur la société. Ceci est vrai lorsqu’ils agissent comme consommateurs mais aussi quelquefois lorsqu’ils agissent comme citoyen. …. 

Entre ces deux analyses, qui ne recoupent pas la traditionnelle (et confortable !) coupure gauche-droite, faut-il se résoudre à en choisir une et donc à déclarer que l’autre est fausse ! Ces deux analyses n'ont t-elles pas chacune leur part de validité? Ne faut t-il pas là aussi essayer de les dépasser … interminable dialectique …  

Par Bernard - Publié dans : Philo
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Lundi 5 novembre 2007

C'est le propre des romans que l'on dit "initiatiques" de permettre à chacun de s'y reconnaitre, de s'identifier aux personnages. Celui-ci ne  déroge à la règle  ...  avec peut être encore plus d'intensité tant les situations dans lesquelles l'auteur place son personnage Harry, et les questionnements qu'ils lui prête sont en résonance avec les questions que chacun de nous se posent sur lui, sur sa vie, sur sa place dans le monde, sur son rapport aux autres. C'est soi-même que l'on rencontre à chaque détour de page !
Arrivé à la cinquantaine Harry, découvre qu'il n'a pas vécu et qu'il est même inadapté à la vie ordinaire ... Solitaire, il se décrit comme un loup des steppes. Il a toujours senti en lui-même deux personnalités : l'homme, civilisé, rangé, cultivé, et le loup qui représente tout ce qu'il y a d'animal en lui-même, ses désirs, ses instincts.
"En lui l'être humain et le loup ne cohabitaient pas paisiblement ...une haine fatale les opposait indéfectiblement et chacun d'eux vivaient uniquement aux dépends de l'autre. ". Harry vit et assume cette dualité de sa personnalité dans la souffrance. Souffrance "... d'une ame plongée dans les ténèbres ... volonté de passer par l'enfer, d'affronter le chaos, d'endurer le malheur jusqu'au bout.". Mais souffrance d'ou émerge un intense besoin de solitude, d'indépendance et de liberté.
"La solitude ... elle était glaciale, oh oui, mais elle était également paisible, merveilleusement paisible et  immense, comme l'espace froid et paisible dans lequel gravitent les astres."
"Cependant lorsqu'il se fut installé dans cette nouvelle liberté, Harry s'aperçut tout à coup que celle-ci représentait une mort. Le monde le laissait étrangement tranquille."
Des réflexions intéressantes:
Sur la bourgeoisie, définie comme voie moyenne entre la sainteté et la débauche. Le bourgeois est celui qui ne supporte pas l'absolu. Il essaie de trouver sa place entre les extrèmes, dans une zone médiane , tempérée et saine ... même s'il renonce pour celà à l'intensité existentielle et affective que procure une vie axée sur l'absolu et l'extrême.
Sur l'homme "qui n'est pas une création stable et durable... mais représente plutot une tentative et une transition. Il n'est rien d'autre q'une passerelle étroite, périlleuse entre la nature et l'esprit".
Notre héros est tenté par le suicide ... puis une rencontre l'amène à vivre la vie des gens ordinaires avec ses plaisirs simples. Cette expérience est pour lui un véritable chemin initiatique ou il renait: Rejeter la dualité que l'on voit en soi, accepter la multiplicité de sa personnalité puis ... mort symbolique ... épreuves .... le role de l'humour ... apprendre à rire de soi. Une belle leçon de vie ...

Par Bernard - Publié dans : Littérature
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Lundi 29 octobre 2007
Nos illusions ... ces fausses perceptions de la réalité, ces tromperies de la nature (mirages ou illusions d'optique ...) , ou de la pensée (mystifications ou croyances ...), peuvent-elles être dépassées ? Peut-on les dépasser ou simplement les perdre ? Peut-on vivre sans illusions ?
Nous ne nous rendons compte de nos illusions qu'à posteriori, lorsque nous découvrons que la réalité n'est pas conforme à la première perception que nous en avions par l'intermédiaire de nos sens. Dans le domaine de la pensée, nous découvrons aussi les illusions de nos croyances ou de nos convictions lorsque nous réalisons, après examen par la raison, après réinterprétation, expérimentation ou réflexion, que celles-ci étaient éloignés de la vérité ou de ce que nous percevons maintenant comme étant plus proche de la réalité. Mais dès que nous débusquons ainsi nos illusions, ce ne sont plus alors des illusions. Ces perceptions ou ces croyances s'éteignent comme illusions lorsque nous découvrons leur fausseté. Impossible donc de garder ses illusions, on ne peut que les perdre au fur et à mesure qu'on les découvre. Et l'on s'en fera de nouvelles que l'on ignorera comme illusions jusqu'au jour ou l'on découvrira qu'elles étaient aussi des illusions ... Mais nous pouvons aussi, lorsque nous avons découvert nos illusions, et si nous en avons besoin, décider de les conserver comme postulat, comme hypothèse, comme béquille morale à notre pensée, comme idole peut être. Ainsi on peut croire en Dieu, puis découvrir un jour, convaincu par un argument décisif, que Dieu n'existe pas ... Nous pouvons alors dire que Dieu n'est qu'une illusion  mais décider malgré tout de continuer à y croire comme à une hypothèse nécessaire à l'esprit. On peut de même croire que l'homme est bon, et constater chaque jour que cette croyance n'est qu'illusion  ... mais décider ici aussi de continuer à y croire comme à un postulat moral nécessaire à notre pensée.
 La vie ne serait-elle alors que ce combat sans fin contre la tromperie des illusions?
Nous avons tous cru à nos utopies, à nos idéaux .... jusqu'au jour ou nous avons découvert que ces idoles qui nous aidaient à penser et nous faisaient agir n'étaient en fait que des chimères qui nous masquaient la réalité plus qu'elle ne nous la montrait. Nous avons découvert qu'elles n'étaient qu'illusions ... mais ce combat est sans fin car de nouvelles utopies et de nouveaux idéaux viennent prendre la place des anciennes idoles sans que nous n'y prenions garde ... Savoir démasquer et dépasser ces nouvelles illusions ... grace à la raison, à la lucidité, au simple bon sens le plus souvent ... pour s'approcher toujours plus de la vérité, n'est-ce pas là le chemin sur lequel
la philosophie est censée nous accompgner ?
Par Bernard - Publié dans : Philo
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